Suite pompier
Ma bouche quitta la sienne, mais seulement pour commencer un autre voyage.
Je suivis lentement sa mâchoire, puis son cou. Ma barbe effleurait parfois sa peau avant mes lèvres et je sentais immédiatement ses réactions.
— Tu fais quoi ? murmura-t-il.
— Je découvre.
— Tu me connais déjà par coeur après ce massage.
Je déposai un baiser au creux de son cou.
— Pas comme ça.
Il ne répondit pas.
Mes lèvres gagnèrent son épaule, puis son torse. Mes mains accompagnaient chacun de mes mouvements, parcourant ses bras épais, ses flancs, son dos.
Sous ma bouche, ses pectoraux se contractaient légèrement.
Je pris mon temps.
Un baiser.
Puis un autre.
Je descendis sur son torse bronzé, suivant les courbes de ses muscles. Mes doigts glissaient simultanément sur ses côtés, retrouvant cette taille plus étroite qui accentuait son V.
Sa respiration devint plus profonde.
— Tu sais que tu es en train de me rendre fou ?
Je relevai les yeux vers lui.
— Déjà ?
— Ne joue pas au con…
Je souris et repris.
Ma bouche descendit vers son ventre.
À mesure que mes lèvres parcouraient ses abdominaux, je sentais les muscles se tendre sous elles. Mes doigts suivaient leurs reliefs, parfois devant ma bouche, parfois derrière.
Il passa doucement une main dans mes cheveux.
Je m'arrêtai immédiatement.
— Pas de précipitation.
Il leva presque innocemment les deux mains.
— Je ne fais rien !
— Pour une fois.
— Profite, ça n'arrive pas souvent.
Je descendis encore.
Il ne lui restait désormais que son slip.
Ce fameux dernier morceau de tissu.
Je m'immobilisai devant lui.
Son corps exprimait désormais tout ce que ses paroles tentaient encore de tourner en plaisanterie : le ventre contracté, la respiration courte, les cuisses puissantes légèrement écartées et cette étoffe tendue qui ne parvenait plus à dissimuler l'intensité de son désir.
Je levai les yeux.
Il me regardait.
— Quoi ? demanda-t-il.
— Rien.
— Je connais ce regard maintenant.
— Ah oui ?
— Tu prépares quelque chose.
Je souris.
— Peut-être.
Mes doigts se posèrent sur ses hanches.
Puis sur le bord de son slip.
Il inspira.
— Enfin…
Je m'arrêtai immédiatement.
— Quoi « enfin » ?
Il ferma les yeux en riant.
— J'aurais dû me taire.
— Exactement.
Je repris mon exploration, mais volontairement lentement. Mes lèvres restèrent sur son ventre tandis que mes mains parcouraient ses hanches puis ses cuisses.
Je sentais ses muscles se contracter sous mes doigts.
— Tu fais durer…
— Énormément.
— Je te déteste.
Je déposai un dernier baiser juste au-dessus de cette ultime barrière.
— Menteur.
— Complètement.
Je me retrouvai à genoux devant lui.
Lui, debout, magnifique dans cette lumière douce : torse nu, épaules larges, muscles saillants, peau chaude et cette expression qui n'avait désormais plus grand-chose du pompier arrogant arrivé une heure auparavant.
Ses mains vinrent se poser doucement derrière ma nuque.
Pas pour diriger.
Simplement pour maintenir ce contact entre nous.
Je relevai les yeux.
— Tu me laisses faire ?
Son regard plongea dans le mien.
— Complètement.
Mes doigts accrochèrent alors le bord du dernier tissu.
Je le fis descendre lentement.
Très lentement.
Il glissa sur ses hanches, suivit les courbes puissantes de ses cuisses puis termina sa course le long de ses jambes.
Il n'y avait désormais plus rien entre nous.
Je restai pourtant quelques secondes sans bouger, laissant simplement mon regard remonter sur lui.
Ses jambes.
Ses cuisses puissantes.
Son ventre encore contracté.
Son torse.
Ses épaules.
Puis son visage.
Nos regards se rencontrèrent.
Il avait cessé de sourire.
Ses mains étaient toujours derrière ma nuque et son pouce caressait doucement ma peau.
— Alors ? murmura-t-il.
Je me relevai lentement.
— Alors maintenant…
Je revins contre lui, peau contre peau.
Son souffle se mêla au mien.
— …tu n'as vraiment plus rien derrière quoi te cacher.
Il m'attira doucement contre lui.
— Toi non plus.
Puis sa bouche retrouva la mienne.
Et cette fois, lorsque nos deux corps entièrement découverts se serrèrent l'un contre l'autre, plus aucun de nous ne chercha à plaisanter.