Témoignage suite à une participation
Le 10/11/2024, j'ai participé au sujet « Se rapprocher entre porteurs de handicap ».
Ce jour-là, sans vraiment le savoir, je racontais déjà le début de notre histoire.
Quand je me suis inscrit sur ce site, je n'avais aucune certitude. Juste des questions. Une curiosité. Peut-être l'envie d'une rencontre, peut-être plus, peut-être rien du tout.
Et puis un jour, je tombe sur son profil. Un profil différent. Sincère, détaillé, vrai. Rare.
Nous avons commencé à échanger. Longtemps. Beaucoup.
Il m'a parlé de son handicap, de son fauteuil roulant, et surtout de cette peur profonde : celle de ne plus se sentir prêt à une vraie rencontre. Je sentais ses doutes, ses barrières, ses blessures invisibles.
Et malgré les refus, je suis resté. J'ai insisté sans forcer. J'ai proposé, encore et encore, un verre, une photo, un moment simple. Toujours non. Mais jamais un silence.
Puis un jour, presque par hasard, je lui ai demandé où il vivait. Et là, la surprise : nous étions quasiment voisins. Si proches que ça en devenait presque ironique. Comme si la vie nous murmurait que parfois, ce que l'on cherche loin est juste à côté.
Finalement, il a dit oui.
Un bar. Notre quartier. Un premier regard. Une première voix.
Tout s'est fait naturellement. Sans tension. Sans malaise. Puis un restaurant. Puis l'envie de se revoir.
Petit à petit, nous avons appris à nous découvrir. Les gestes, les silences, la tendresse. Le désir aussi. Celui de deux hommes qui cherchent la même chose : de la douceur, du vrai, du simple. Sans artifices. Sans rôles à jouer.
Un jour, il s'est retrouvé aux urgences. Et cette fois, il n'y avait plus de doutes : j'étais là. Et il l'a senti. Il m'a remercié. Et ce merci-là valait tout.
Nous avons passé des week-ends ensemble. Noël aussi. Nous faisons des projets. Des vacances. Un futur, même avec les opérations à venir.
J'ai aussi appris. Beaucoup.
J'ai compris que vouloir trop aider peut parfois étouffer. Qu'aimer, ce n'est pas faire à la place de l'autre. Il me l'a dit avec une honnêteté désarmante :
« Je suis handicapé, mais je n'ai pas besoin qu'on m'aide pour manger. »
J'ai compris. Et j'ai admiré.
Aujourd'hui, si je témoigne, ce n'est pas pour raconter un conte de fées.
C'est juste pour dire une chose simple, mais essentielle : oui, c'est possible. Possible de rencontrer quelqu'un. Possible d'aimer. Possible de construire, même avec des peurs, des différences, un handicap.
Nous vous souhaitons à tous de très belles fêtes de fin d'année, et surtout de ne jamais renoncer d'y croire.
F & G