Vivre dans la peur
Suite à des échanges sur le forum, l'idée me vient de creuser ce sujet.
Je le place dans la rubrique santé ; entre autres choses parce que la peur impacte notre santé de par les décisions qu'elle nous fait prendre en terme de prévention ou d'exposition aux maladie sexuellement transmissibles.
La peur est la plus ancestrale de nos émotions et ne nous quitte jamais vraiment complètement.
Opposer les gens peureux avec ceux qui ne le seraient pas n'est donc pas le but de ce sujet.
Quand la peur est envahissante, elle paralyse ou nous pousse à une forme de croyance pas forcément objective du coté d'élixirs d'invincibilité.
Elle peut aussi avoir un effet inverse et nous faire lâcher les freins ; une autre façon de gérer la peur en la niant.
En santé générale, la peur irraisonnée d'attraper quelque chose est une maladie : La nosophobie.
Ne pas confondre avec la l'hypocondrie (ou trouble anxieux de la maladie), où le patient est convaincu d'être DÉJÀ atteint.
Par contre, cette maladie revêt un lustre particulier par ici : Les nosophobes seraient les chantres de la prévention ; les seuls gens censés du site et du monde ?
Mais, c'est quoi, la peur ?
L'homme est probablement l'espèce la plus craintive du rêgne animal.
Aujourd'hui, 60% des 18-35 ans disent souffrir d'éco-anxiété et 1 personne sur 10 est concernée par des phobies maladives.
Une glande, nommée amygdale, en déclenche l'activité. Face à l'imminence d'un danger, l'amygdale, tel un signal de détection, lance l'alerte.
En nous éloignant du vivre-ensemble, nous cultivons un individualisme sans repères. Livré à lui-même, l'individu combat ses peurs par des projections fantastiques et des comportements addictifs, deux traits caractéristiques de notre modernité.
Ainsi, la boucle est bouclée et s'auto-entretient : L'autre est le danger alors que l'autre est aussi la solution pour ne pas se trouver englué par ses peurs…
On peut souligner que la peur peut avoir des effets diamétralement différents :
La peur de chopper quelque chose peut nous dissuader de tout contact réel avec l'autre.
Mais cette même peur peut aussi faire voler en éclat, par réaction de répulsion, toute prévention ou limitation.
C'est, par exemple, ce qui pousse certains à ne jamais se faire tester ; une politique de l'autruche motivée par la peur.
D'autres se jettent dans la luxure tous azimuts avec tous et sans restrictions ; non pas par absence de peur mais pour la combattre au lieu de la subir.
Vous reconnaissez vous dans cette description ?
Êtes vous du genre ceinture et bretelles ou, au contraire, dans le déni de toute prise de risques ?
Votre position est-elle médiane et, dans ce cas, comment l'arbitrez vous ?