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Les vieux ne sont plus des vieux... et c’est dommage

Les vieux ne sont plus des vieux... et c'est dommage. Nous faisons face à une disparition inquiètante de certaines espèces animales et végétales. Le tissu social et générationnel n'est pas en reste. J'ai l'impression que les vieux disparaîssent... Laissez-moi vous dépeindre ce constat qu'il faut avouer m'attriste et pour être tout à fait sincère m'afflige grandement.

Dans ma jeunesse et mon enfance, somme toute pas si éloignées les vieux étaient vraiment des vieux. Rien qu'à leur parlé et même leur intonation de voix. On avait cette impression qu'ils avaient des cailloux dans la bouche et beaucoup roulaient les "R". Ils semblaient être d'une espèce totalement différente que nous. Ils parlaient comme de bons vieux gaillards toujours prompts à boire gentiment un canon avec les copains, assez pieux mais peu disserts sur les choses de l'esprit. Leurs conversations étaient simples mais authentiques. Ils ne s'embarassaient pas de psychologie. Ils étaient droits dans leur botte, travailleur par goût de l'effort et non pour s'enrichir... ils aimaient profondément leur condition. Nous les trouvions à railler la différence sans pour autant la moquer totalement. Il me suffisait d'avoir une pensée un peu à l'écart d'eux pour être taxer d'"américain" accompagné d'une chaleureuse accolade de leur part. J'aimais bien cette génération qui appréciait la vie dans sa simplicité. Hélas, ils sont de moins en moins nombreux. C'est dommage que des vieux deviennent high tech, étalent leur réussite comme des médailles, versent dans le développement personnel, et se donnent des airs par des pensées complexes alors que leurs nérones n'atteignent que la platitude. C'est étrange de se dire que les vieux sont devenus modernes...

Je suis peut-être moi-même un vieux cons déjà. C'est le ruisseau de la vie, la vie occidentale après tout... un ruisseau toujours changeant à l'inverse des sociétés orientales. Ça devait être difficile aussi au XVIIe siècle quand la mode des perruques s'est imposées à la jeunesse puis aux vieux pour ne citer que cet exemple. C'est étrange de nos jours de voir des quarantenaires avec des casquettes à l'envers se donner des styles jeunes alors qu'ils ont oublié que chaque âge à sa richesse. L'adage de Le Goff est peut-être de rigueur. Nous ne sommes pas les fils de nos pères mais les fils de notre époque. Le Goff utilisait cette formulation déjà pour le temps des cathédrales gothiques.

Prenez garde toutefois messieurs à ne pas confondre mon affection envers les vieux pour du désir charnel -quoique ça ne serait pas dérangeant si la personne a gardé de la beauté- que pour une marque de respect.

J'ai cette impression que nous sommes tous des adolescents autocentrés à tel point que dans les siècles plus sage à venir notre époque s'appelera La Grande Adolescence.

Ce ne sont que des considérations personnelles. N'hésitez pas à nuancer ou objecter (en toute courtoisie bien sûr mais il faut toujours le rappeler ici) mes propos.

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352 km • Versatile
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