Une nuit à Marseille
Je suis à Marseille pour un week-end de travail.
Une nuit seulement.
J'ai trouvé une chambre dans un hôtel japonais près de la gare : minimaliste, boiseries claires, un lit bas et large, un silence presque trop parfait.
Un endroit fait pour disparaître dedans.
Quand on frappe, je sais que c'est lui.
Il entre, et la chambre change immédiatement d'énergie.
Il est beau — vraiment beau.
Mais pas d'une beauté facile.
Une beauté qui frappe d'abord par le charisme, l'allure, la façon dont il tient son corps.
Un charme presque électrique.
Il a la vingtaine, peut-être vingt-quatre, vingt-cinq.
Grand, sec, nerveux, avec cette élégance naturelle des mecs qui ne jouent pas à être séduisants, mais qui le sont malgré eux.
Ses cheveux noirs retombent un peu sur son front, son regard sombre accroche tout de suite.
Ses yeux sont peut-être ce qu'il a de plus marquant :
intenses, francs, directs…
et extraordinairement vivants.
Il referme la porte, me regarde, incline légèrement la tête avec un petit sourire rapide :
« Salut. »
Un salut simple, mais qui porte quelque chose de chaud, d'assuré.
Sa voix est plus grave que je ne l'imaginais, légèrement voilée, très masculine, avec un accent léger qui ajoute encore à son charme.
Il avance, sans hésitation.
Il sent le parfum boisé — un parfum qui colle à sa peau plus qu'à ses vêtements.
Il porte un tee-shirt clair qui révèle une musculature fine et parfaitement dessinée.
Son corps est sculpté, propre, nerveux, précis.
Ses abdominaux se contractent sous le tissu lorsqu'il inspire.
« Tu vas bien ? »
Une question simple, mais son sourire la rend étonnamment douce.
Il n'est pas froid.
Il n'est pas distant.
Il est juste… concentré.
Entier.
Il s'avance encore, et d'une main légère, il prend ma nuque, me rapproche de lui.
Son pouce effleure ma lèvre inférieure.
Un geste calme, délicat, mais sûr.
Puis il m'embrasse, une fois, d'un baiser franc mais mesuré.
Il aime ça, mais ne s'y attarde pas.
C'est juste une manière de dire je suis là.
Sa beauté devient plus frappante quand il est près :
la ligne fine de son nez,
le dessin de sa bouche,
la douceur de sa peau,
et ce regard qui, à chaque fois qu'il croise le mien, semble me traverser sans effort.
Il sourit légèrement.
« T'es plus mignon que sur ta photo. »
Sa manière de le dire est simple, pas dans la séduction forcée : juste honnête.
Il me fait asseoir sur le lit d'une pression douce sur l'épaule.
Puis il se place devant moi, à quelques centimètres seulement, me regardant avec un calme presque déroutant.
« Ça te va, si je suis… un peu direct ? »
Je hoche la tête.
Son sourire s'agrandit à peine, mais quelque chose de plus chaud passe dans ses yeux.
Il me pousse lentement en arrière, me fait basculer sur les oreillers.
Son torse sec se penche vers moi.
Je sens la force douce et vive de son corps, la chaleur qui se dégage, la tension contenue dans ses épaules.
Il m'embrasse encore, mais cette fois plus lentement, davantage marqué.
Sa main glisse sur mon ventre, remonte sur mon sternum.
Ses doigts sont chauds, précis, presque sensibles.
Les vêtements tombent un à un sur le sol.
Son visage au-dessus du mien est encore plus impressionnant :
ombré par la lumière,
lignes fines,
bouche bien dessinée,
regard concentré,
beauté nette, tranchante, presque lumineuse.
Puis son corps descend, se place, s'aligne.
Son souffle se mélange au mien.
Et la chaleur de son ventre touche le bas du mien, avec un poids plus affirmé.
Il avance.
Ce n'est qu'un instant —
mais un instant profond.
Son sexe fin mais long me pénètre lentement.
Avec précision.
Avec délicatesse.
Un choc contenu, une pression dense, une sensation qui me coupe le souffle et fait vibrer tout mon dos.
Un moment où mon corps se tend, s'ouvre, cède juste assez, puis s'ajuste.
Une chaleur envahit mes reins, ma respiration se bloque une seconde.
Il se fige.
Son visage se contracte.
Un son très léger lui échappe.
Son torse revient sur le mien, glisse, s'aligne, reprend possession.
Sa beauté est encore plus forte lorsqu'il se tient ainsi, concentré, lèvres entrouvertes, souffle court.
La cadence s'installe.
Profonde.
Entière.
Pesante.
Son ventre se contracte à chaque mouvement.
Ses doigts se crispent légèrement sur ma peau.
Sa respiration devient plus chaude, plus serrée, plus irrégulière.
La montée est lente, contrôlée, terrible.
Son corps se tend de plus en plus.
Ses hanches cherchent les miennes.
Son torse se colle, se plaque, se retient.
Ses yeux se ferment, puis se rouvrent sur moi, avec une intensité presque dévorante.
Puis tout bascule.
Il se contracte d'un coup sec,
son ventre se durcit,
son souffle se casse dans ma gorge,
et sa tête vient se poser contre mon cou, lourde, tremblante,
le temps que la vague en lui retombe.
Il reste quelques secondes ainsi,
plus beau encore dans la perte de contrôle.
Ill se recule puis il s'installe près de moi
Peu de mots échangés, mais sans reflechir, je lui glisse simplement :
« Tu peux rester, si tu veux. »
Il relève la tête, essoufflé, et sourit.
La nuit est longue.
Très longue.
Il revient plusieurs fois vers moi,
à son rythme,
avec cette même précision nerveuse,
cette même beauté concentrée,
cette même chaleur qui me traverse.
Parfois, il m'embrasse,
parfois seulement il respire contre ma peau,
parfois il pose juste sa main sur ma hanche
et tout recommence.
Au petit matin,
la lumière de Marseille traverse les rideaux.
Il se lève, remet son tee-shirt, et me regarde une dernière fois,
les cheveux encore en désordre,
le regard chaud,
la beauté un peu floue de quelqu'un qui n'a presque pas dormi.
« Je dois y aller.
Bon retour. »
Il sourit.
Un sourire vrai, profond.
Puis il disparaît dans le couloir.
Je ferme la porte derrière lui,
et la chambre redevient ce qu'elle était :
un lieu de passage.