Thomas 12
Le lendemain matin, l'appartement d'Alain baignait dans une lumière pâle d'hiver. Mateo ouvrit les yeux, encore un peu désorienté, le corps délicieusement courbaturé. Il était toujours coincé entre Thomas et Bruno, leurs jambes emmêlées aux siennes, la chaleur de leurs corps nus contre le sien. L'odeur de sexe, de sueur et de parfum mélangés flottait encore dans la pièce.Bruno fut le premier à bouger. Il se redressa sur un coude, un sourire satisfait aux lèvres, et caressa distraitement le torse de Mateo.« T'as bien dormi, petite vierge d'hier ? »Mateo rougit mais sourit en coin.« J'ai plus l'impression d'avoir été renversé par un camion… mais un camion très sympa. »Thomas rit doucement contre son épaule, déposa un baiser paresseux sur sa clavicule.« Faut te lever, champion. On a du taf aujourd'hui. Et toi, t'es officiellement en service maintenant. »Mateo se redressa lentement, grimaçant un peu en sentant les marques laissées par la nuit.« Mon père… je fais quoi ? »Bruno attrapa son téléphone sur la table de nuit et le lui tendit.« Comme j'ai dit hier : un petit SMS. “Salut papa, je suis chez des potes, première nuit dehors, tout va bien, je rentre ce soir ou demain.” Simple, efficace. Il va râler un peu, mais il va pas appeler les flics pour ça. »Mateo hésita deux secondes, puis tapa le message. Envoyé. Il souffla, soulagé.Bruno lui ébouriffa les cheveux.« Brave garçon. Allez, douche. On se rejoint en bas dans vingt minutes. Alain nous a laissé les clés de l'appart pro, c'est à cinq minutes à pied. »Une heure plus tard, les cinq hommes entraient dans les locaux de l'agence, encore un peu ensommeillés mais impeccablement habillés. Costume slim pour la plupart, Mateo en jean brut et chemise bleu nuit ouverte sur un t-shirt blanc – le look « jeune recrue sexy mais pro » qu'Alex avait validé en riant.Dans la grande salle de réunion vitrée, plusieurs collègues étaient déjà là. Quand Mateo entra derrière Thomas, Alex, Bruno et Lucas, un silence surpris s'installa une seconde, puis une salve de sourires et de salutations enthousiastes.« Ah bah putain, voilà le petit nouveau ! » lança Julien, un des bookers seniors, en lui tapant l'épaule. « Bienvenue dans la fosse aux lions, Mateo. T'as survécu à ta première nuit avec ces quatre tarés ? »Mateo rougit jusqu'aux oreilles mais tint le regard.« Ouais… à peu près. »Rires dans la pièce.Thomas s'avança, posa une main possessive mais discrète sur les reins de Mateo.« Bon, les mecs, aujourd'hui c'est jour J pour la sélection des mannequins du nouveau maillot 2026. On attend une quinzaine de gars dans l'après-midi. On cherche du très haut niveau : corps secs mais musclés, visages qui claquent, et surtout… un paquet qui remplit bien le tissu. C'est du maillot très échancré, très moulant, très “voyant”. On veut que ça fasse tourner les têtes sur la plage. »Alex enchaîna, un sourire carnassier aux lèvres :« Bruno, Thomas et moi, on fait la première sélection. Mais Mateo… t'es autorisé à donner ton avis. Et même, si t'as envie, tu pourras défiler avec eux pour comparer, histoire de voir ce qui passe vraiment bien à l'oeil. »Mateo écarquilla les yeux.« Moi ? Défiler ? »Lucas ricana en se penchant à son oreille.« T'as un cul et une queue qui font déjà tourner la tête ici, alors ouais, tu vas tester les maillots aussi. Faut savoir ce qu'on vend, non ? »Bruno claqua des doigts pour recentrer l'attention.« Allez, on prépare la salle d'essayage. Miroirs partout, lumière chaude, podium central. Et Mateo… va falloir que tu sois honnête. Si un mec est trop mou, trop poilu, ou si son matos est trop timide dans le tissu, tu le dis cash. On veut que ça bande à la vue du catalogue. »Mateo déglutit, mais un sourire timide finit par naître sur ses lèvres. Il sentait l'excitation remonter, différente de celle de la nuit, mais tout aussi forte. Il n'était plus juste le petit nouveau qu'on déflorait. Il faisait partie de l'équipe. Il allait choisir, juger, participer.L'après-midi commença.Les premiers mannequins défilèrent un à un, torse nu d'abord, puis en boxer, puis dans les prototypes du maillot 2026 : des coupes ultra-échancrées sur les côtés, un tissu fin, brillant, presque transparent sous certains angles, une poche frontale ultra-moulante qui ne cachait presque rien.Mateo, assis entre Thomas et Alex sur le petit canapé en cuir noir, les yeux brillants, commentait à voix basse.« Lui… le brun avec les pecs carrés… le paquet est beau mais il manque un peu de volume quand il bouge. »« Celui-là, les abdos sont dingues mais le cul est plat. On zappe. »Puis vint un grand blond, 1m88, cheveux mi-longs, regard clair presque insolent. Quand il enfila le maillot noir, le tissu épousa tellement parfaitement ses formes que même les autres mannequins présents dans la pièce sifflèrent discrètement.Thomas se pencha vers Mateo.« Alors, verdict ? »Mateo, la gorge un peu sèche, murmura :« Lui… il peut rester. Et… je veux essayer le même maillot. Pour voir. »Bruno éclata de rire, ravi.« Putain, il prend goût, le petit ! »Alex fit un signe au staff.« Apportez la taille M noire pour notre recrue. Et préparez le podium. On va comparer en live. »Quelques minutes plus tard, Mateo se tenait debout au centre de la pièce, torse nu, le maillot noir collé à sa peau comme une seconde peau. Le tissu brillait sous les spots. Sa queue, déjà à moitié dure rien qu'à l'idée d'être regardé par tous ces yeux, tendait le devant de façon obscène mais parfaite.Silence religieux dans la salle.Puis Thomas se leva lentement, tourna autour de lui comme un prédateur, passa une main sur ses fesses, puis sur le renflement devant.« Alors ça… » murmura-t-il, la voix rauque. « Ça, c'est exactement ce qu'on veut vendre. »Les autres mannequins applaudirent spontanément. Même le grand blond blondin hocha la tête, impressionné.Mateo rougit, mais il bomba un peu le torse, fier.Bruno s'approcha à son tour, glissa un doigt sous l'élastique de la jambe du maillot, le fit claquer doucement contre la peau.« Bien joué, gamin. T'es plus juste le stagiaire qu'on forme. T'es un putain d'atout maintenant. »Le regard de Mateo croisa celui de Thomas. Il y avait quelque chose de nouveau dedans. De la reconnaissance. Du désir. Et surtout, une promesse silencieuse : ce n'était que le début.La journée de sélection se termina tard, mais personne n'avait envie de rentrer.Bruno lança, en éteignant les lumières de la salle :« Bon… on remonte tous à l'appart d'Alain ce soir ? On a encore deux-trois trucs à “tester” sur notre nouvelle égérie maison… »Mateo sourit, déjà à moitié dur dans son jean.« Ouais… je vote pour. »Et tandis qu'ils sortaient tous les cinq dans la nuit froide de janvier, épaule contre épaule, on pouvait presque entendre le compte à rebours.La formation continuait.
Mais cette fois, Mateo n'était plus seulement l'élève.Il devenait aussi le maître du jeu.