Le Médecin et le Patient 6
Chapitre 1 – Le texto qui fait basculer tout Valentin fixait l'écran de son téléphone, le coeur battant à cent à l'heure.Lucas :
« Dommage que ton père ne puisse pas venir… ça m'aurait rappelé de très bons souvenirs.
À condition, bien sûr, que tu viennes avec lui.
Tous les deux.
Vendredi 18 h. Même programme. Même maison au lac.
Mais cette fois, je veux vous entendre gémir en stéréo. »Valentin laissa tomber le téléphone sur le canapé comme s'il brûlait. Son père, qui finissait sa bière, haussa un sourcil.« Qu'est-ce qu'il dit, le doc ? »Valentin bafouilla, rouge jusqu'aux oreilles :
« Il… il propose que… que tu viennes aussi. Au lac. Avec nous. »Un silence lourd. Puis son père éclata d'un rire franc, posa sa bouteille et se passa la main dans les cheveux, l'air à la fois gêné et… excité ?« Ce petit con n'a pas changé. Toujours aussi direct. »
Il se leva, fit quelques pas dans le salon, puis se tourna vers son fils.
« Et toi, t'en penses quoi ? »Valentin déglutit.
« Je… je sais pas. C'est… trop bizarre. T'es mon père. »Son père s'approcha, posa une main chaude sur son épaule.
« Écoute, fiston. Ce qui s'est passé entre Lucas et moi, c'était il y a vingt ans. J'étais jeune, curieux, et il m'a ouvert des portes que je n'oublierai jamais. Ta mère… elle sait que j'aime les femmes. Elle ne sait pas tout le reste. Et je veux que ça reste comme ça. »
Il marqua une pause, son regard plus intense.
« Mais si toi tu veux vivre ça… et si moi je peux revivre un bout de ma jeunesse en même temps que toi… pourquoi dire non ? On est adultes. On sait ce qu'on veut. »Valentin sentit son ventre se nouer de désir et de panique mêlés .Chapitre 2 – La réponse Vingt minutes plus tard, le message partit. Valentin :
« Il est partant.
Mais il veut être sûr que tu nous traites bien tous les deux.
Et que ça reste entre nous trois. »La réponse de Lucas arriva en moins de dix secondes. Lucas :
« Parfait.
Vendredi 18 h pile devant chez vous.
Je klaxonne deux fois.
Vous monterez tous les deux dans la voiture.
Je vous emmène direct au lac.
J'ai déjà tout préparé : les vieux jouets, les nouveaux, le lit king size, les menottes en cuir souple, le miroir au plafond…
Et surtout : pas de capotes cette fois. Entre nous, on se fait confiance, non ?
Je veux vous sentir vraiment.
Père et fils.
Même sang, même goût.
Je vais vous faire hurler en harmonie. »Valentin montra l'écran à son père. Ce dernier lut, souffla lentement, et un sourire carnassier – exactement le même que celui de Lucas sur la vieille photo – étira ses lèvres.« Il a toujours eu le chic pour rendre les trucs impossibles à refuser. » Chapitre 3 – Le vendredi soir18 h 02.
Le 4×4 noir de Lucas se gara devant la maison. Deux coups de klaxon brefs.Valentin et son père sortirent, sacs de sport à l'épaule. La mère était bien à Lyon pour le week-end, comme prévu. Elle avait embrassé son fils sur le front en partant : « Amuse-toi bien avec ton père, vous allez enfin vous retrouver un peu tous les deux. »Si elle savait.Lucas descendit de la voiture, chemise blanche ouverte sur le torse, jean sombre, sourire éclatant. Il serra la main de Valentin d'abord, un peu trop longtemps, puis celle de son père. Leurs regards se croisèrent, vingt ans après. L'air crépita.« Ça fait un bail, Coach », lança Lucas avec un clin d'oeil.
« T'as vieilli, Doc. Mais t'as toujours l'air de pouvoir me plier en deux », répondit le père en riant.Lucas ouvrit la portière arrière.
« Montez. Tous les deux derrière. J'aime bien regarder dans le rétro. »Ils obéirent. Dès que la voiture démarra, Lucas baissa la musique et parla d'une voix grave :« Règles du week-end : On s'appelle par nos prénoms. Pas de « papa », pas de « fiston ». Ici, on est juste Valentin, Sébastien et Lucas. Trois mecs qui vont baiser comme des animaux.
Tout ce qui se passe au lac reste au lac.
Vous faites exactement ce que je dis, quand je le dis.
En échange, je vous promets le meilleur week-end de votre vie. »
Sébastien posa une main possessive sur la cuisse de son fils. Valentin frissonna.Lucas croisa son regard dans le rétroviseur et sourit.« On arrive dans quarante minutes.
Commencez à vous chauffer doucement.
Je veux vous trouver déjà durs quand on franchira la porte. »Dans l'obscurité de l'habitacle, la main de Sébastien remonta lentement sur la cuisse de Valentin. Ce dernier ferma les yeux.Il était officiellement plus que foutu.Il était exactement là où il avait toujours voulu être, sans oser l'avouer.Et le week-end ne faisait que commencer.