Le Médecin et le Patient 5
Chapitre 1 – La douche qui dérapeValentin fonça sous la douche, l'eau brûlante pour effacer l'odeur de Lucas qui collait encore à sa peau. Il se savonna deux fois, frotta son cou où les suçons formaient maintenant une constellation violette, et essaya de calmer la panique qui montait : il avait complètement oublié de verrouiller la porte.Clic. La poignée tourna.« Oh pardon fiston, j't'avais pas entendu… »
Son père s'arrêta net dans l'embrasure, les yeux écarquillés. Valentin, nu, la mousse qui coulait sur son torse, se figea.Le regard de son père glissa lentement sur son cou, puis sur les empreintes rougeâtres en forme de doigts qui marbraient ses hanches et l'intérieur de ses cuisses.« On dirait un suçon, ça… et même plusieurs. Et ces marques de mains… dis donc, Théo est sacrément amoureux de toi, non ? »Valentin sentit son coeur s'arrêter. Il attrapa la serviette à la hâte, bafouilla :
« Non mais… on a fait une bagarre débile pour déconner hier soir, tu sais, les mecs ça lutte, ça rigole… »Son père le regarda un long moment, un sourire étrange au coin des lèvres. Pas moqueur. Presque… complice.« T'inquiète. Ta mère rentre tard ce soir, elle bosse jusqu'à 22 h. Viens manger un truc avec moi, on va discuter entre hommes. »Chapitre 2 – Les aveux sur le canapéUne heure plus tard, ils étaient tous les deux sur le canapé du salon, pizzas surgelées devant la télé. Le père de Valentin coupa une part, la tendit à son fils.« Alors… c'est Lucas, c'est ça ? »Valentin manqua de s'étouffer.
« Quoi ?? Comment tu… »Son père ricana doucement, posa sa bière.« Tu te souviens quand t'avais genre 14 ans et que t'avais super mal au ventre ? C'est moi qui avais appelé le jeune docteur qui faisait des remplacements à l'époque. Lucas Moreau. Il était venu à la maison deux fois. Grand, brun, sourire à faire tomber les culottes… ou les slips. »Il marqua une pause, regarda Valentin droit dans les yeux.« J'avais 19 ans à l'époque où j'ai compris que j'aimais aussi les mecs. Lucas était en terminale dans mon lycée. Il avait une grande maison à la sortie de la ville, ses parents voyageaient tout le temps. Un week-end, il m'a invité sous prétexte de “réviser le bac”. J'y suis resté du vendredi soir au dimanche soir. Il m'a appris des trucs… que ta mère ne saura jamais. »Valentin resta bouche bée.« T'as… toi et Lucas… ? »« Ouais. Trois fois par jour pendant deux jours. Il avait déjà ce putain de sourire carnassier. Et il adorait jouer au docteur, même à 18 ans. »Chapitre 3 – Le secret de familleSon père se leva, alla chercher une boîte à chaussures tout au fond du placard de l'entrée. Il en sortit une vieille photo Polaroid un peu jaunie : deux garçons torses nus sur un ponton au bord d'un lac, bras dessus bras dessous, souriants. L'un était clairement son père à 19 ans. L'autre… Lucas, plus jeune, mais déjà ce regard de prédateur.« Il m'a écrit il y a deux mois », reprit son père en tournant la photo entre ses doigts. « Il m'a dit qu'il avait revu mon fils en consultation. Qu'il était “magnifique”. Qu'il avait très envie de “reprendre les vieilles habitudes”. Je lui ai répondu : “Si mon fils est d'accord, fais-toi plaisir. Mais tu le brises pas.” »Valentin sentit ses joues prendre feu.« T'as… donné ta bénédiction ? »« J'ai fait mieux. Je lui ai dit où était la maison au bord du lac. Et je lui ai filé les clés de la réserve à bois. Y a des trucs dedans… qu'on avait achetés ensemble à l'époque. »Chapitre 4 – Le message qui change toutLe téléphone de Valentin vibra sur la table basse.Lucas :
[Photo : les clés de la maison du lac posées sur le torse nu de Lucas, juste au-dessus de la ligne de poils]
« Ton père m'a tout raconté. Il m'a dit que tu avais hérité de son cul parfait.
Week-end prochain, vendredi 18 h jusqu'à lundi matin.
Je viens te chercher devant chez toi. Devant tes parents.
On leur dira bonjour, on sera sages cinq minutes.
Et après, tu seras à moi 60 heures non-stop.
J'ai ressorti les vieux jouets. Tu vas hurler mon nom comme ton père le faisait à l'époque. »Valentin leva les yeux vers son père, qui haussa les épaules avec un sourire en coin.« T'as 18 ans, fiston. T'es plus un bébé. Et Lucas… il sait y faire. Profite. Ta mère croira toujours que tu révises le bac. Moi je sais que tu vas surtout réviser autre chose. »Il leva sa bière.« À ta santé. Et à la sienne. »Valentin éclata d'un rire nerveux, les larmes aux yeux.
Il était officiellement foutu.
Et sa famille venait de lui donner la permission la plus dingue de toute sa vie.