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Des garçons et des fleurs

Cette cédille que possède le garçon en français, comme quelque chose accroché au corps du mot, de la lettre : comment faire bander une cédille ? On pourrait effectuer le même jeu avec le i de fille, comme une fente sur la feuille blanche et ce point stratégique au-dessus, petit clitoris isolé. Mais est-il encore question de mots quand arrivent les printemps et que la nature dans sa globalité offre verdures, tiges, ouvertures, et que garçons et filles appartiennent bien à la nature ? Mon regard traîne et se détourne finalement vers le garçon qui fait émerger de sa braguette une cédille.

Les fleurs poussent comme chaque année, mais cette année-là, il y a longtemps, je regardais les garçons s'épanouir comme s'épanouissaient les fleurs en ce printemps.
Toujours on aime plutôt les mauvais garçons car ils ont la précocité de saisir leur corps et leur sexe tandis que, moral encore, en retrait encore, on reste dans les interdits de la société, des parents, dans les exercices des profs et les avenirs sur le mode « travail ». Il faut soudain déconstruire cela et penser à sa peau. Sortir du bois. Voici la plaine.

Nos corps et notre sexualité sont aussi notre avenir, la source de joies futures et attiré par l'autre corps, les autres corps, le notre devient aussi fleur. Cette fleur est notre avenir.

Au début, je regardais les garçons et pouvaient davantage assouvir mon envie de voir dans les revues récentes qui paraissaient, j'étais attiré par la globalité, le sexe bien sûr mais tout le corps, le visage, le regard, l'aisance, la nudité devant le photographe. Dans l'arrivée de la sexualité compulsive, bien plus tard, je me suis attardé à ce qu'on appellerait le détail dans un tableau : le sexe, la verge, le pénis -sa forme, ses formes, ses précisions, ses différences, son prépuce ou pas, sa rigidité ou pas, sa masse, sa finesse, la forme de son extrémité, le gland, rose ou plus foncé, la forme du gland, éventail de la cédille, multiplicité de la cédille, toutes les bites se ressemblent de loin mais de près aucune pareille à une autre. Les faire durcir et bander pour voir la métamorphose de la plante, sa perspective nouvelle, sa forme tendue, autres beautés et prêt à goûter le fruit, sa sève, encore davantage quand on le relie finalement à un corps, un visage, je suis revenu au visage.

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Dernière réponse le 27 novembre
19 5

Photo de Lorrent
3 km • Versatile
a publié ce sujet
MecanoBM
35 •
Très excitante cette photo et ces fleurs
umami
59 •
Beau texte plein de poésie et de désir
CK22
55 •
Très beau texte....Super!
ensemblecmieux
54 •
Enfin un peu de tendresse et de poésie
Ully35
62 •
Ouï très très beau regard de l'homme qu'elle poésie
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