Dans l'escalier
Je le vois dès que j'arrive au palier.
Il est là, posé contre le mur comme si l'immeuble lui appartenait.
Rebeu, vingt-cinq ans, épaules pleines sous un sweat noir, torse dense, musculature compacte, puissante.
Une mâchoire carrée, une barbe courte qui renforce son air sauvage.
Des yeux noirs, directs, qui ne cherchent pas à séduire mais à jauger, à dominer.
Un parfum chaud, animal, lourd, un mélange de peau, d'épices et de nuit.
Puis surtout, cette bosse qui se dessine à travers son survêtement qie j'ai du mal à lâcher du regard.
Il s'avance d'un demi-pas, son corps massif prenant tout l'espace entre nous.
Sa main se referme sur ma nuque, large, dure, sûre d'elle, comme si ma peau était faite pour être tenue ainsi.
Il m'impose un mouvement de la tête, un geste sec, autoritaire.
Puis il me plaque contre le mur quelques secondes.
Je tombe à genoux sans qu'il ait besoin d'insister.
Il se place devant moi, plus près encore, son odeur m'écrasant la gorge, sa chaleur couvrant tout l'air autour.
Il sort alors son sexe déjà dur, long, epais, brun, circoncis, qui ne demande qu'à être soulagé.
Je ne réfléchis pas longtemps, je l'aspire, je le gobe, je le leche des testicules jusqu'au gland gorgé de sang.
Son souffle devient lourd, irrégulier, ses doigts se crispent dans mes cheveux, relâchent, se crispent encore.
Son torse se tend, ses cuisses durcissent.
Je sens son corps réagir, se contracter, trembler par saccades contenues.
Ça monte vite en lui.
Trop vite.
Sa respiration se casse, se heurte, s'échappe en grognements étouffés qu'il tente de retenir.
Ses hanches se figent.
Son ventre se serre brutalement.
Un frisson sec traverse tout son dos jusqu'à exploser littéralement dans ma bouche.
Son sperme est chaud et epais, d'une qualité impressionnante. Je n'en perds pas une goutte.
Son corps s'arrête d'un coup.
Figé.
Contracté.
Poids lourd, souffle arraché, torse battant.
Quelques secondes passent avant qu'il retrouve son air.
Une main glisse lentement sur ma nuque, me contrôle encore malgré la tension qui retombe.
Il ne débande pas.
Il me relève d'un tirage sec, presque impatient.
Son regard est pire qu'avant : sombre, brûlé, avide, comme si ce premier moment avait réveillé quelque chose de plus profond.
Sans un mot, il me traîne jusqu'à son appartement.
La porte claque.
Il me projette contre le mur, son avant-bras contre mon torse, son corps entier écrasant le mien.
Je sens son poids, sa chaleur, sa force brute, son rythme cardiaque violent contre ma colonne.
Il me retourne d'un geste sans douceur.
Mes poignets sont saisis.
Il me relâche d'un coup, comme s'il n'avait même plus besoin de me retenir pour que je coopère.
D'un mouvement sec, il tire mon pantalon vers le bas.
L'air froid me heurte une seconde avant que sa chaleur ne revienne aussitôt.
Il me pousse vers le canapé, ses mains écrasant mes omoplates, son torse collé à mon dos pour me plier à sa volonté.
Je me retrouve penché en avant, les mains agrippées au bord, son corps lourd et massif aligné derrière le mien.
Sa prise se resserre.
Ses doigts s'enfoncent dans ma taille.
Il cale mes hanches d'une poigne brute, m'ancre, me fixe.
Son torse presse ma colonne avec une force qui ne laisse aucun espace.
Son souffle frappe ma nuque, chaud, fébrile.
Il crache sur son sexe et me pénètre brutalement.
La première pression est un choc.
Un impact profond qui traverse tout mon dos, me coupe le souffle, m'arrache un son que je ne contrôle pas.
Une brûlure brève, sèche, qui oblige mon bassin à reculer malgré moi.
Il me rattrape immédiatement.
Ses mains me ramènent, me reprennent, me redressent exactement où il veut.
Son torse se plaque au mien, lourd, tendu.
Son bassin s'aligne, m'impose un rythme qu'il assume sans hésitation.
La deuxième pression est plus lente, mais plus lourde.
Mon corps se contracte, se défend une seconde avant de céder, millimètre par millimètre, sous sa force.
Une chaleur violente remonte ma colonne, une tension qui se déploie dans mes reins.
Il accélère.
Son corps martèle le mien, coups réguliers, puissants, secs.
Son torse claque contre mes omoplates.
Ses hanches cognent contre les miennes.
Sa main me maintient, me repousse, me reprend, m'ajuste sans arrêt.
Chaque mouvement est un ordre physique.
Je sens mon dos vibrer sous chaque impact.
Ses doigts laissent des marques sur ma peau.
Son souffle dérape, se heurte à ma nuque, devient animal.
Son poids m'écrase, me traverse, m'avale presque.
La douleur du début devient chaleur brute, pulsation, onde lourde qui remonte jusqu'à mes épaules.
Je cède à son rythme, secoué, contrôlé, pris entièrement dans sa cadence.
Puis son corps se tend d'un coup.
Toutes ses forces se contractent, se rassemblent dans un seul mouvement.
Ses doigts se plantent dans mes hanches.
Ses cuisses tremblent.
Son torse se cambre contre mon dos.
Sa respiration explose dans ma nuque, rauque, incontrôlable.
Une vibration traverse tout son corps, brutale, sèche, impossible à retenir.
Il reste collé un moment, lourd, crispé, haletant.
Quand il recule enfin, il le fait lentement, comme si son corps avait du mal à sortir du mien.
Je sens un léger fil couler le long de mes cuisses.
Je me redresse.
Il m'attrape par la nuque et m'écrase sa bouche contre la mienne.
Un baiser sec, marqué, sauvage. Le seul de la soirée.
Je remonte mon pantalon.
Il regarde, torse battant, yeux encore sombres, poings encore serrés.
Je prends ma veste.
J'ouvre la porte.
Il reste immobile, silhouette massive dans la pénombre, prêt à tout refaire si je fais un pas de trop.
Je repars.
Sur le retour, un message : Je te rappellerai, on refera ça.